ACTUALITÉS
ZOOM SUR :
La communauté professionnelle d’accompagnateurs à l’économie de la fonctionnalité et de la coopération (EFC)
📍 Structuration et animation par le Laboratoire d’intervention-recherche ATEMIS
Pour en savoir plus, merci de contacter Thierry Debuc, ATEMIS : t.debuc@atemis-lir.com
Qu’est-ce qu’un accompagnateur ?
Il s’agit ici d’un terme générique qui regroupe les consultants et d’autres métiers de l’intervention, du conseil ou de l’accompagnement auprès ou au sein des entreprises (organisations publiques ou privées, tous secteurs). Un “accompagnateur“ est un professionnel des métiers de l’intervention, de l’accompagnement et du conseil.
Deux cas de figure sont à distinguer :
- la situation d’individus souhaitant se professionnaliser dans l’accompagnement EFC, sur la base d’un engagement personnel et en suivant une trajectoire professionnelle individuelle ;
- la situation de structures (cabinets ou autres) souhaitant inscrire l’orientation EFC dans la stratégie de leur développement professionnel et économique, dans une logique de codéveloppement au sein d’écosystèmes coopératifs.
La situation de personnes souhaitant s’engager à titre personnel dans une professionnalisation dans le champ de l’EFC, tout en étant rattachées à des structures de conseil avec leur propre stratégie, peut créer des tensions et des difficultés. Une vigilance toute particulière doit être accordée à la recherche d’un dialogue, voire d’une cohérence, entre la trajectoire des personnes et la trajectoire de leur structure.
Qu’est-ce qu’une communauté professionnelle ?
Une communauté professionnelle regroupe des personnes qui sont dans un rapport commun aux visées stratégiques recherchées dans l’action, ainsi qu’au réel qui se manifeste à travers leur activité professionnelle : la façon de l’analyser, de le prendre en charge, de faire évoluer les référentiels théoriques et les méthodologies d’action.
Ces personnes se trouvent potentiellement confrontées aux mêmes types d’interpellation (en termes d’intervention, par exemple) et sont amenées à mobiliser le même type de ressources (un référentiel, des dispositifs partagés, des réseaux d’acteurs, par exemple). Mais elles s’engagent à partir de trajectoires venant d’horizons différents, renvoyant à une diversité initiale de connaissances et de pratiques de métier.
La communauté professionnelle existe lorsque ses membres sont identifiables par des acteurs qui lui sont extérieurs et lorsque ses membres sont capables de s’y reconnaitre et de prendre en charge certains enjeux : dans notre cas, l’accompagnement de trajectoires d’entreprise vers un modèle serviciel et territorialisé adossé au référentiel de l’EFC, en étroite coopération avec les clubs territoriaux EFC, les réseaux et les ateliers de l’IE-EFC, les intervenants-chercheurs du Laboratoire ATEMIS.
La communauté professionnelle est un espace qui favorise la coproduction de concepts opérationnels, de méthodologies d’action, d’outils et de dispositifs institués, mais aussi la communication au service de la communauté.
Dans cette perspective, la communauté professionnelle des accompagnateurs d’entreprises EFC relève d’un groupe de pairs qui se dote de règles de travail et de conventions qui les conduisent à sortir d’une posture de prestataire et de la logique de concurrence, pour favoriser la coopération entre eux et avec les autres membres d’écosystèmes coopératifs, portés notamment par les clubs EFC territoriaux.
La communauté professionnelle des accompagnateurs d’entreprise EFC est ouverte aux personnes formées (par le Laboratoire ATEMIS), aux consultants et accompagnateurs ayant déjà̀ une pratique d’accompagnement d’une trajectoire EFC. Cette communauté professionnelle a vocation à s’élargir progressivement à des nouveaux membres. La question de l’élargissement de la communauté se posera « en dynamique », sur la base de l’expérience et d’un processus d’évaluation. L’articulation avec la communauté professionnelle des « accompagnateurs Coop’Ter » sera également à étudier au fur et à mesure de leurs développements respectifs.
La communauté des accompagnateurs d’entreprise EFC s’engage à partir des orientations suivantes, qui structurent la constitution d’écosystèmes coopératifs et plus largement d’une communauté de pensée et d’action :
– porter la visée stratégique de l’EFC, consistant à cheminer vers un modèle économique plus soutenable sur le plan environnemental et social, grâce à la dynamique servicielle et à la reconnaissance de la fonction émancipatrice du travail vivant ;
– construire un modèle économique en mesure de soutenir la coopération entre l’accompagnateur, la structure accompagnée, le club EFC territorial et/ou d’autres écosystèmes coopératifs territoriaux, notamment en matière de gouvernance, de partage de la valeur et codéveloppement (investissements mutualisés et effets d’intégration) ;
– assumer les interpellations et les déplacements professionnels que la trajectoire EFC suscite, y compris sur le plan du travail des accompagnateurs, à travers une posture personnelle de questionnement et la participation à des espaces collectifs de réflexivité.
Pourquoi une communauté professionnelle des accompagnateurs ?
Un enjeu politique : appui à la transition écologique, économique et sociétale
Les exigences écologiques conduisent à réfléchir et à mettre en œuvre une autre dynamique économique de développement que celle qui domine actuellement, un autre mode de vie et de consommation, un autre mode de produire et d’organiser le travail vivant, une autre forme d’engagement des citoyens et des organisations dans la sphère publique, un renouvellement des relations aux institutions, … : une société en transition dans laquelle l’activité entrepreneuriale et les activités professionnelles sont amenées à se renouveler et à prendre une place décisive face à ces défis.
Les accompagnateurs membres de la communauté professionnelle doivent partager une visée opérationnelle, qui concrétise l’enjeu politique suivant : accompagner des trajectoires d’entreprise les conduisant vers un modèle serviciel en rupture avec le productivisme dominant, attentif aux enjeux territoriaux (différents registres d’externalités) et œuvrant pour la reconnaissance du travail vivant des personnes contribuant à l’activité.
La communauté professionnelle des accompagnateurs d’entreprise EFC se constitue au service de la transition écologique, économique et sociétale à l’échelle du modèle économique de l’entreprise, aussi bien dans son organisation interne (travail vivant, ressources immatérielles, organisation…) que dans ses relations externes (avec ses clients, fournisseurs et partenaires). Dans cette perspective, l’entreprise est amenée à repenser son ancrage territorial, en termes de responsabilité, de nouvelles activités de service, de nouvelles coopérations, de gouvernance.
Le référentiel mobilisé est celui de l’Économie de la Fonctionnalité et de la Coopération et les accompagnateurs sont d’accord pour contribuer activement à son développement à partir de leur expérience.
Un enjeu de professionnalisation
La professionnalisation recouvre une double dimension :
- une trajectoire collective d’appropriation opérationnelle du référentiel de l’EFC, qui doit permettre de l’enrichir en retour par l’expérience ;
- une trajectoire (subjective) individuelle qui permet de progresser dans la maitrise du référentiel EFC et favorise la capacité d’accompagnement, la confiance en soi et dans les relations, et le sens des responsabilités de chacun. Le rapport subjectif au travail et aux évolutions du métier constitue un aspect important reconnu par les membres de la communauté.
Dans cette perspective, l’accompagnement s’appuie sur une posture d’intervention-recherche, qui se caractérise par une dynamique conjointe d’intervention / accompagnement dans une posture de recherche (et non d’expertise, ni de simple facilitation) et de recherche opérationnelle à partir de la pratique d’intervention (notamment par la réflexivité́ personnelle et des retours d’expériences collectifs). C’est à la fois une posture personnelle (goût pour le questionnement et le maniement de concepts opérationnels, capacités réflexives) et une activité collective (confrontation d’expériences, mise en débat d’outils, concepts et méthodologies).
La professionnalisation nécessite ainsi des temps d’investissements immatériels : des temps réflexifs, des temps d’apports de connaissances, des temps de production méthodologique, des temps d’échange et de débat entre pairs. En ce sens, la professionnalisation est une dynamique, qui amène des déstabilisations-recompositions professionnelles. Elle fait évoluer le métier de ses membres.
L’intervention doit être conçue et organisée, dans la mesure du possible, dans un espace collectif, à minima en binôme, favorisant un premier espace de réflexivité́ et donnant des occasions de montée de compétence, voire de tutorat lorsqu’il existe un écart d’expérience. Le modèle économique doit soutenir cette dynamique.
La communauté professionnelle a, aussi, la vocation de lutter contre l’isolement de ses membres en permettant la constitution et le partage de réseaux d’action.
Enfin elle se préoccupe des trajectoires et du devenir des personnes qui la composent.
La création de la communauté́ professionnelle permet l’inscription de ses membres dans un collectif à une échelle articulant local et national, voire international. Elle est une réponse pour favoriser la capacité individuelle (à l’échelle de l’intervenant et/ou de sa structure) et collective (dans une dynamique de complémentarité, coopération) à développer des réponses à ces demandes / besoins.
Un enjeu de capitalisation / patrimonialisation et de recherche
Le référentiel de l’EFC et les méthodologies d’accompagnement sont des réponses aux enjeux de trajectoire des entreprises et aux limites des modèles économiques dominants. Ces réponses demandent à être confrontées au réel des dynamiques d’acteurs, afin d’être renforcées et contribuer à la recherche et à l’enrichissement du socle conceptuel de l’EFC, qui se nourrit de l’expérience du réel (difficultés, échecs, questionnements, surprises…) en la confrontant aux savoirs institués.
Un enjeu de reconnaissance et de territorialisation des accompagnateurs
Comme déjà évoqué, une communauté professionnelle repose sur une reconnaissance extérieure à celle-ci. L’inscription dans la communauté professionnelle des accompagnateurs doit permettre d’apporter une reconnaissance institutionnelle à ses membres grâce à son adossement à la légitimité acquise par le Laboratoire ATEMIS, l’IE-EFC (Institut Européen de l’Économie de la Fonctionnalité et de la Coopération) et les Clubs EFC territoriaux.
L’enjeu est que peu à peu la communauté professionnelle acquiert une reconnaissance propre, liée au renforcement des capacités professionnelles de chacun de ses membres et à la pertinence de son mode de fonctionnement comme la pertinence de ses dispositifs. De ce fait, l’identification des accompagnateurs en tant que membres de la communauté professionnelle doit garantir aux clubs EFC le professionnalisme et la rigueur conceptuelle que requiert l’accompagnement d’entreprise, dans la mobilisation du référentiel face à des situations réelles toujours complexes et singulières.
Chacun des membres de la communauté s’inscrit nécessairement dans un territoire donné, dans lequel il doit œuvrer au déploiement de l’EFC et au développement des dynamiques du Club EFC territorial lorsqu’il existe, voire à l’émergence de nouveaux clubs ou d’autres communautés d’acteurs dans le territoire. A ce titre, les accompagnateurs ne se considèrent pas comme des prestataires vis-à-vis des Clubs EFC territoriaux ou d’autres organisations territoriales, mais comme des membres de la communauté́ d’acteurs qu’ils animent. Les conventions doivent soutenir la création de relations de coopération économique à l’échelle de l’activité du Club EFC.
Fonctionnement de la communauté des accompagnateurs EFC
La communauté des accompagnateurs EFC se réunit une journée tous les 2 mois. Ce temps collectif comprend systématiquement un temps de supervision animé par des intervenants chercheurs d’Atemis :
L’enjeu de la supervision telle qu’elle est organisée pour la communauté des accompagnateurs EFC est de partager avec ses pairs, le récit d’une situation rencontrée au cours d’une intervention qui fragilise l’intervenant accompagnateur sur le plan professionnel mais aussi personnel.
La mise en mots permet à la personne d’identifier ce qui, dans la situation, l’a bousculée. Elle peut ainsi exprimer ses difficultés professionnelles et les travailler sur la base d’un cadre de référence partagé. Ce temps d’échanges entre pairs permet d’identifier nos propres mécanismes de défense face aux situations professionnelles qui nous dérange. Il met en évidence à la fois des enjeux professionnels qui sont travaillés entre pairs et des mécanismes de défense plus intimes qui ne sont pas explorés dans le cadre de la supervision. Il appartient à la personne de décider d’aller plus loin dans cette analyse auprès de professionnels en capacité de d’accompagner cette démarche.
Le superviseur soutient l’identification des difficultés professionnelles exprimées à partir d’un référentiel ad hoc. Il organise les échanges entre pairs sur ces difficultés et concoure à la construction d’un point de vue professionnel sur leur nature. Il est lui-même engagé dans un dispositif de supervision.
Le programme de la journée de la communauté se compose ensuite, en fonction des circonstances, des besoins exprimés… :
- D’un temps de retour d’expérience :
L’enjeu est de partager avec ses pairs, le récit d’une intervention en cours ou passée, dans laquelle apparaissent des questions professionnelles qui préoccupent l’intervenant-accompagnateur. La mise en mots permet une compréhension partagée de ce qui se joue dans l’intervention et l’identification des questions de métier qu’elle soulève. De ce point de vue, les REX sont au service de la professionnalisation de tous et permet de faire vivre la doctrine, l’enrichir soit en faisant évoluer les concepts ou en imaginant de nouvelles méthodologies d’intervention.
Les rex se déroulent en 2 temps :
- Un temps de récit par un participant d’une situation professionnelle qui le préoccupe, l’étonne, le questionne. Le récit achevé, un temps complémentaire est consacré aux questions de compréhension des autres participants ;
- Un temps de tour de table au cours duquel chacun peut faire part de la manière dont le récit fait écho à sa propre pratique et ce qu’il identifie comme questions de métier soulevées par le récit.
L’animateur, outre son rôle de garant de l’écoute des participants. (on laisse le récit se dérouler complétement avant d’entamer le tour de table de réaction), s’appuie sur une doctrine ( des concepts opérationnels, une méthodologie, des dispositifs institutionnels) pour soutenir la réflexion des participants, l’identification des questions de métiers soulevées et les innovations méthodologiques et institutionnelles qui émergent des échanges.
Les rex font l’objet d’un temps de préparation avec un intervenant chercheur d’Atemis, en amont de la journée de la communauté.
- D’un temps d’apport conceptuel. Les rex, où les souhaits exprimés par les participants permettent d’identifier des éléments de doctrine (concepts opérationnels, méthodologie d’accompagnement ou des questions de dispositifs institutionnels) qui nécessitent d’être revisités et approfondis.
- Des temps de revue de projet. Il s’agit au cours de ces temps de faire un tour d’actualité des projets dans lesquels les membres de la communauté sont embarqués. L’enjeu peut être de constituer des équipes aux compétences complémentaires, de faire du lien entre différents accompagnements, d’imaginer des synergies territoriales….
- D’autres temps (visites apprenantes, rencontres avec des intervenants extérieurs…)
A ce jour, la communauté est animée par Olivier Blandin et Thierry Debuc.
Les prochaines dates
Une nouvelle saison a débuté en avril 2026. Les dates sont les suivantes :
29 avril 2026
(avec les membres de la communauté des accompagnateurs Coopter)
9 juin 2026
3 septembre 2026
14 octobre 2026
01 décembre 2026
7 janvier 2027
24 février 2027
7 avril 2027
26 juin 2027