Atelier évaluation de l’immatériel

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2020
Année de création
8
Ateliers
1
Parcours e-learning

Développer la coopération, repenser son offre de valeur, transformer l’organisation du travail demande de mobiliser des ressources dont il faut prendre soin.

Or le développement des ressources immatérielles a un coût qui ne trouve pas à se financer dans les modèles « classiques » de financement des entreprises. D’où la nécessité de penser d’autres modes de financement, ce qui implique aussi de penser de nouveaux modèles d’évaluation. En ce sens, l’atelier s’inscrit dans la prolongation des travaux qui ont abouti à la création de la démarche Cap’Immatériel.

L’atelier s’intéresse au financement des entreprises avec comme objectifs de :

  • identifier les besoins des entreprises engagées dans une trajectoire EFC, et leur capacité à mobiliser des acteurs financeurs ;
  • repérer les limites qui peuvent émerger des principaux dispositifs de financement existants ;
  • identifier des pistes d’amélioration pour soutenir le développement et le financement des entreprises.

 

Dans le contexte marqué par la crise sanitaire avec, d’une part, ses conséquences sur l’activité économique des entreprises, et d’autre part, la mise en place d’un plan de relance, il a été décidé, à partir de septembre 2020, de réorienter les travaux de l’atelier autour des deux axes suivants :

  • mettre l’atelier en soutien direct aux entreprises engagées dans l’EFC pour les aider à trouver des financements, en identifiant, notamment, les opportunités du plan de relance pour la dynamique de l’EFC et son écosystème, et en soutenant la capacité des entreprises à déposer des projets ;
  • identifier les conditions d’un changement d’échelle de la dynamique EFC.

Séance du 7 mai 2020 :

Présentation, par Philippe Kunter (directeur du développement durable et de le RSE) de Bpifrance, son organisation, ses missions et ses métiers, afin de mettre en discussion les pistes permettant d’articuler la dynamique EFC et les actions de Bpifrance.
Cette séance a permis d’éclairer, à partir de l’histoire de sa constitution, l’organisation et les métiers de Bpifrance, ainsi que la philosophie de son action : soutenir le tissu économique français, tout en intégrant des dimensions environnementales, sociales, et d’attention à une gouvernance équilibrée. Cette philosophie souligne l’importance d’envisager les synergies avec la dynamique de l’EFC.

En matière de financement, l’atelier a permis de mettre en évidence au sein de l’Institution, l’existence de délégués innovation, avec lesquels il pourrait être pertinent d’envisager des coopérations. Ces délégués, répartis dans les différents territoires, assument une double mission : d’une part, tout ce qui a trait au « programme d’investissements d’avenir », et d’autre part, les cotations des projets d’innovation permettant d’obtenir des avances remboursables et des subventions.

En matière d’investissement, les échanges ont permis de souligner l’importance de l’extra-financier et de la dynamique de l’immatériel. Ceci pose la question de la mobilisation éventuelle du référentiel Cap’Immatériel dans ce contexte, d’autant qu’un module e-learning dédié à Cap’Immatériel est en cours de réalisation pour l’université Dirigeants de Bpifrance Université.

Par ailleurs, les autres compétences de Bpifrance ont été examinées et ont permis de faire émerger des pistes à creuser ensemble par la suite, pour voir s’il a des convergences à organiser entre l’Institut / ADEME et Bpifrance. Ces pistes portent sur :

La question des communautés de consultants, la direction exécutive de l’accompagnement animant un réseau de de 200 consultants professionnels dans toutes les disciplines :
La question des communautés d’entreprises : d’une part, la « Communauté Excellence » et d’autre part la « Communauté Bpifrance Transition », dédiée aux enjeux de RSE.

Résumé de la séance du 19 juin 2020 :

Retour d’expérience par un dirigeant du lancement d’un projet d’écosystème territorial et les enjeux de financement posés
La séance du club a consisté à partager un projet envisagé par une entreprise située sur le territoire du Grand Avignon et le club Terre d’EFC Avignon de création d’un écosystème sur le bien-vivre alimentaire adossé à un site internet. Cela a permis de repérer les problématiques particulières de financement dans une phase de lancement d’un projet visant la création d’un écosystème.

Au-delà des spécificités du cas présenté, cela a permis de mettre en évidence la question du financement de la phase d’étude de faisabilité, qui présente une relative incertitude quant à la réussite de la dynamique recherchée et à sa temporalité. Il s’agit ici des dépenses d’investissement avec un certain risque qui, à la fois portent des enjeux d’externalités positives territoriales, environnementales, et sociales très importants, mais qui dépassent souvent la capacité de la structure initiatrice.

Résumé des séances du 9 octobre 2020 et du 16 novembre 2020 :

Présentation du plan de relance et mise en discussion des opportunités de développement de l’EFC
Ces deux séances ont porté sur l’analyse et la mise en discussion du plan de relance et de ces différentes dimensions et des opportunités qu’il pouvait présenter pour soutenir le développement des entreprises et de l’écosystème EFC.

La première séance a permis d’éclairer les principales questions que pose l’articulation entre la dynamique de l’EFC et ce type de plan de relance :

Des projets EFC avec une maille trop faible au regard des niveaux planchers de financement. Dans la dynamique du plan de relance, il s’agit avant tout de « massifier » dans un schéma industriel passant par la démultiplication de la même chose pour avancer, avec des projets principalement technologiques.
Une mise en visibilité de la dynamique EFC à renforcer. Si la dynamique de l’EFC a permis d’accompagner près de 300 entreprises, ces trajectoires restent encore trop atomisées, relevant principalement d’une collection d’expériences et donnant peu de visibilité sur les grands domaines / sphères fonctionnelles, pour repérer ce qui est fait, essayer de pousser les solutions les plus pertinentes, les diffuser.
Un besoin d’accompagnement des entreprises pour déposer ce type de projet. Lors des échanges, ressort le constat que la plupart des dirigeants d’entreprises engagées dans l’EFC ne sont pas armés pour répondre à ces appels à projet.
Un besoin d’intermédiation, qui peut être assuré par les Clubs, comme le montre l’expérience du Club Noé.
Le soutien à l’émergence d’ECT (écosystèmes coopératifs territoriaux : les échanges ont également porté sur la capacité de l’Institut et des Club de faire émerger sur des territoires des écosystèmes sur des sphères fonctionnelles (par exemple la rénovation de l’habitat, les écopôles alimentaires, la santé, la mobilité…), sur la base des entreprises accompagnées, qui assureraient ainsi un rôle d’opérateur territorial.
La deuxième séance a porté sur la question du changement d’échelle pour la dynamique de l’EFC.

Les échanges ont permis de dessiner les différents axes d’action, avec des compétences à construire au sein de l’IE-EFC (atelier, clubs, accompagnateurs) :

S’appuyer sur la logique de sphère fonctionnelle et engager des parcours collectifs qui portent plus directement sur telle ou telle sphère fonctionnelle ;
Faire émerger des écosystèmes coopératifs territoriaux (ECT), en reprenant notamment le concept de PTCE (Pôle Territorial de Coopération Economique) ;
Assurer un rôle d’intermédiation, de soutien technique, pour aider les entreprises à propos de la manière d’instruire et de monter les dossiers de financement.
Par ailleurs, cette séance a permis de souligner l’enjeu de faire évoluer les formats de l’ADEME.

Lorsque les entreprises souhaitent des financements individuels dans une perspective EFC, ceci correspond en fait à de l’innovation sociale et économique. Or, l’ADEME demande d’élaborer une proposition technique assez développée, dans un cadre qui n’est pas adapté : les entreprises ont des difficultés des entreprises à monter de telles demandes.

Enfin, il a été mis en évidence la nécessité de pouvoir concentrer des financements et sortir du « projet par projet ». L’enjeu serait de voir comment arriver, avec l’ADEME, les régions, les agglomérations à prendre certains sujets et concentrer des moyens financiers afin de soutenir des stratégies territoriales qui s’inscrivent dans la durée, et qui permettent de prendre une trajectoire dont on ne connait pas la courbe et l’arrivée par avance. Pour cela, il est aussi nécessaire de faire comprendre la nature des innovations relevant de l’EFC, et de travailler avec les financeurs pour voir comment les formats devraient évoluer.

Résumé de la séance du 22 janvier 2021 :

Echange sur les enjeux de financement de l’écosystème EFC et la mise en place le dispositif à même d’accompagner le changement d’échelle notamment en s’appuyant sur des Appels à projet en lien avec le plan de relance
Cette séance a consisté à partager les travaux du groupe technique, qui a avait comme objet :

d’instruire ces différentes questions à partir de l’AAP « Entreprises engagées pour la transition écologique : soutien au management de l’industrialisation et la commercialisation » (EETE) ;
de mobiliser les clubs pour identifier des entreprises potentiellement intéressées par cet AAP et pour les accompagner dans leur réponse.
Les échanges ont permis de prendre conscience des difficultés à mobiliser les entreprises de l’écosystème EFC, celles-ci s’expliquant de différentes manières : difficulté pour les animateurs de repérer les entreprises suffisamment matures : difficulté pour une large partie des entreprises à répondre à ce type d’appel à projet, notamment au regard de la relative technicité pour remplir le dossier ; difficulté au regard du montant minimal du projet de financement (250 k€, soit 150 k€ d’autofinancement pour une aide de 100 k€) d’entreprise ; et enfin, difficulté pour certaines entreprises à appréhender les étapes du développement de leur trajectoire et à repérer les moyens nécessaires d’appui pour consolider ces étapes, et à identifier les besoins de financement associés.

Cela a alors permis de pointer la nécessité de proposer des dispositifs permettant de soutenir les entreprises dans leur capacité à mieux structurer leur projet de développement et à mobiliser des financements.

Résumé de la séance du 16 février 2021 :

Retour d’expérience d’une entreprise ayant répondu à l’AAP EETE porté par l’ADEME
A partir du cas réel d’une entreprise ayant fait l’objet d’un accompagnement dans une phase amont d’innovation servicielle (l’entreprise VAC), les objectifs de l’atelier étaient les suivants :

Mettre en discussion les enjeux d’accompagnement pour inscrire ce développement dans une trajectoire relevant bien de l’EFC ;
Analyser les critères d’éligibilité dans le cadre de l’AAP ADEME et la manière de le mobiliser dans ce cas précis.
Cet atelier a permis de mettre en discussion la manière de répondre à un appel à projets qui n’est pas calibré pour une entreprise relevant d’une trajectoire EFC et reste dans une approche traditionnelle du développement : une phase d’innovation (faite en amont), suivie d’une phase d’industrialisation et de commercialisation (objet de l’AAP).

Les échanges ont en premier lieu permis à l’entreprise VAC de déposer un dossier pour cet AAP, dont le résultat sera connu en septembre 2021.

Au-delà de cet attendu, l’atelier a permis de mettre en évidence la nécessité de pouvoir rendre compte des effets environnementaux dans le cadre d’une démarche EFC. Quelques premiers éléments de méthode ont émergé : construire un « système de preuves » adhoc, distinguer les dimensions qui relèvent de l’écoconception ou de dimensions matérielles de la solution, et repérer aussi la manière dont le basculement vers une solution servicielle permet aussi d’amplifier les gains environnementaux.

Il est apparu néanmoins que cette question reste à travailler de manière plus approfondie, et qu’il est très important de l’instruire afin de pouvoir rendre compte de la dynamique EFC sur la dimension environnementale.

Résumé de la séance du 17 mars 2021 :

Retour d’expérience d’une entreprise ayant répondu à l’AAP EETE porté par l’ADEME
Cette séance a porté sur le retour d’expérience d’une entreprise dans le cadre du même AAP : l’entreprise ODYSSEE Environnement, qui avait participé à un parcours d’accompagnement collectif dans le Grand-Est en 2019-2020. Cet accompagnement l’a amenée à faire évoluer significativement sa proposition de valeur et à développer une nouvelle forme de contractualisation sur des contrats de performance.

Le projet présenté a été déposé en réponse à l’AAP EETE porté par l’ADEME. Il vise à soutenir le déploiement de cette stratégie de développement, principalement sur deux axes, l’un concernant l’évolution de l’outil de production et des conditions de travail, l’autre concernant l’évolution des pratiques des commerciaux en lien avec la volonté de développer la coopération interne entre les différents services.

Dans ce cas-ci, l’entreprise, qui est une PME de près de 70 collaborateurs, dispose des compétences internes pour répondre à ce type d’AAP. Elle a l’habitude de déposer des projets, notamment de recherche ou auprès de l’ADEME. Elle participe également à d’autres dispositifs collectifs, notamment « l’accélérateur de l’eau », porté par Bpifrance. Les dirigeants ont une expérience de conduite de grands projets au sein de grands groupes, et maitrisent ce type de démarche relevant d’une logique de « cible » : définir une orientation stratégique, déterminer les étapes du projet, repérer les besoins et mettre en œuvre leur plan de développement. Le questionnement qui était le leur dans la réponse à l’AAP concernait principalement la manière de présenter l’originalité de leur trajectoire et de trouver des arguments pertinents pour répondre aux attendus du projet.

D’une certaine manière, ce retour d’expérience est venu, en contrepoint, confirmer les éléments mis en évidence dans la séance précédente.

Résumé de la séance du 20 avril 2021 :

Retour d’expérience du club Noé sur la mise en place d’un dispositif de financement d’entreprise EFC en partenariat avec la Région Haut-de-France
Cet atelier a consisté en un retour d’expérience du Club Noé relatif à l’accompagnement d’un projet territorial en mobilisant un dispositif de financement co-élaboré avec la Région Haut-de-France pour soutenir le développement des entreprises engagées dans une trajectoire de l’EFC. Le cas présenté est relatif à l’accompagnement de trois structures dans la construction d’un écosystème autour du traitement de déchets dans une logique servicielle et le développement d’une ressourcerie. Le dossier représente un budget de 300 k€ pour une subvention de La Région s’élevant à 150 k€.

Le retour d’expérience a permis de souligner les points suivants :

La structure du dossier de demande de financement a été a été coconçue avec le Conseil Régional de manière à la fois à répondre aux pratiques, exigences et contraintes de l’acteur public, mais aussi aux spécificités de ce type de projet visant à faire évoluer les modèles économiques d’entreprise relevant d’une trajectoire EFC.
Le mode de financement visait à répondre aux difficultés rencontrées par ce type de projet (plusieurs acteurs ; la difficulté à identifier précisément, en amont, les actions concrètes à mettre en œuvre et leur ampleur).
Les échanges ont mis en évidence que le montage, ici développé par le Club Noé, repose sur le fait de développer, de manière articulée, encastrée, deux écosystèmes coopératifs territoriaux :

  • l’un concernant le projet lui-même avec trois structures associées initialement au projet ;
  • l’autre concernant les intervenants qui viennent en appui de l’écosystème du projet, dans une perspective de solution intégrée.


Ce type d’encastrement permet de renforcer la pertinence de l’accompagnement du projet et sa réussite. Cependant, il nécessite un travail important d’assemblage et un porteur, ce rôle étant ici assuré par le Club Noé.
In fine, le cas présenté permet de mettre en évidence la pluralité du rôle assuré par le Club Noé :

  • Une coopération avec le Conseil Régional pour co-construire un dispositif de financement en phase avec les enjeux de ce type de projet ;
  • Un travail d’ingénierie pour comprendre les mécanismes des modes de financement de la région et les types d’argumentaire à déployer ;
  • Un rôle d’impulseur du projet, l’identification des acteurs pressentis de l’écosystème pour concevoir ensemble le projet, le dispositif d’accompagnement et les grandes lignes du rôle de chacun.
  • Le rôle d’intégrateur de l’écosystème d’accompagnement.
  • Cette activité importante, au-delà des compétences que cela requiert, nécessite de trouver un financement spécifique. Dans le cas du Club Noé, il semble que ce financement soit pour partie porté par son activité courante, pour partie par autofinancement (notamment la capacité du secrétaire général à consacrer du temps), pour partie via le projet, le club recevant une partie du montant de la subvention.

Cette logique nécessite d’être explorée pour étendre cette démarche au soutien d’autres écosystèmes territoriaux.

Parcours e-learning avec BPI France autour de la démarche Cap’immatériel